Blandine Soulage Photo: Solenne Jakovsky

Bienvenue à Blandine Soulage, enseignante de yoga Vinyasa à Lyon, avec qui nous avons collaboré pour le nouveau programme de yoga « Fluidité et lâcher-prise  » de Gotta Joga !

« Je m’appelle Blandine, j’habite la belle ville de Lyon en France où je suis photographe professionnelle et enseignante de yoga Vinyasa.

J’aime combiner ces deux passions, arts de la contemplation par essence. La photo, comme le yoga et la méditation, ramènent à l’instant présent et invitent à porter un autre regard sur le monde.

Ils invitent à redécouvrir la beauté des choses saisie à la lueur de l’instant.

Photo: Blandine Soulage

J’ai découvert le yoga, qui m’a servi de « thérapie », suite à un lourd accident de voiture il y a une dizaine d’année. Un traumatisme crânien qui m’a coûté un an d’arrêt de tout.

De nature hyperactive, l’horloge de ma vie s’est subitement arrêtée avec cet accident. Je suis restée là, spectatrice du monde. Vivre, sans pouvoir être dans l’action. Être, sans pouvoir faire.

Empêchée de « faire », je me sentais comme amputée d’une partie de moi-même. Mais grâce au yoga, j’ai appris qu’une pleine existence n’est pas une existence « pleine »… mais une plénitude qui fait exister chaque moment qu’il nous est donné de vivre. « Chaque journée est une nouvelle vie, chaque éveil une nouvelle naissance » dit Schopenhauer.

J’ai commencé le yoga grâce à ma voisine de chambre à l’hôpital, un modèle de courage et d’humilité. Depuis je n’ai jamais arrêté. Tous les jours, j’avais rendez-vous avec mon tapis, comme pour prendre rendez-vous avec ce corps qui soudain refusait de m’obéir. Et peu à peu, je me suis réconciliée avec lui. J’ai senti tout ce qui vivait et vibrait en moi et qui était encore là. J’avais perdu des choses… mais j’en ai trouvé d’autres.

Cette épreuve m’a renvoyée à ma fragilité… or je n’arrivais pas à m’accepter fragile. Ce n’était pas une épreuve de force mais une épreuve de faiblesse. La force ne réside pas là où on le croit. Il faut avoir beaucoup de force pour accepter ses faiblesses. C’est « Santosha », une des grande leçons du yoga qui apprend à se connaître soi-même, ses capacités, ses limites et gagner ainsi la confiance et l’acceptation de soi.

J’étais dans le refus total de ce qui m’arrivait et de la nécessité qui allait s’imposer de devoir vivre avec ce nouvel état. Grâce au yoga, j’ai appris à ne pas gâcher le temps perdu. A faire de ce temps que je croyais perdu un temps gagné. Pour gagner en conscience, en authenticité. Le yoga m’a ouvert les yeux sur ce qui était essentiel. Alors j’ai compris qu’il allait falloir désormais me battre non pas contre ma blessure mais avec elle… pour pouvoir guérir. Ranger mon égo et faire de mon volontarisme non pas une bataille mais une armure… une armure de patience.

Aujourd’hui j’ai deux enfants en bas âge, je n’ai plus la possibilité de pratiquer tous les jours dans notre quotidien, mais j’essaie de me tenir autant que possible à cette « éthique » corporelle et mentale, « Svadhyaya », l’étude de soi, cette discipline quotidienne de l’esprit. Je sais que c’est un long travail et que ce ne sera jamais fini. C’est ce que j’aime aussi.

Photo: Bertrand Sinssaine

Comme le yoga, la vie est une suite d’exercices qui se succèdent les uns les autres et que nous réussissons avec plus ou moins de brio. Comme le yoga, cela nécessite beaucoup d’entrainement pour maîtriser un exercice et passer à la posture suivante. Mais nous sommes paresseux et rechignons parfois à nous exercer à ce qui n’est pas naturel pour nous, à ce qui nous demande un effort, parfois surnaturel.

La pratique des Asanas incite à se dépasser progressivement. A nous exercer assidument et progresser vers une plus grande maîtrise de notre corps.

Admettre qu’on se confronte à un « exercice de vie », c’est prendre conscience du champ des possibles. C’est s’emparer de toute la marge de manœuvre dont nous bénéficions pour agir sur notre propre sort plutôt que de laisser notre sort agir sur nous.

Savoir aussi qu’un exercice n’est jamais complètement fini. Qu’un exercice appelle un autre exercice. Que c’est la vie, c’est tout.

Grâce à Vanessa De Haas, qui donne aussi des cours sur Gotta Joga, j’ai découvert le Vinyasa. Elle a été une « révélation » et elle reste un peu mon mentor, mon « gourou » <3. La pratique du Vinyasa est exigeante physiquement et implique de la volonté tout en étant à l’écoute de soi. J’ai trouvé là un juste équilibre entre volonté, « Abhyasa », et lâcher prise, « Vaïragya ». « abhyasa-vaïragyabhyam tan nirodhah » : l’arrêt des pensées automatiques s’obtient par une pratique intense dans un esprit de lâcher prise dit Patanjali au verset I.12 des Yoga Sutras.

En nous exerçant régulièrement, le yoga nous aide à savoir que nous avons la force, le courage. Que nos ressources, nos supports, nos appuis, sont solides.

Photo: Bertrand Sinssaine

Le yoga invite au changement, il nous invite à abandonner le « Samskara », ce composite d’habitude, de mémoire implicite, de conditionnement qui colle à notre être et dont on a du mal à se départir.  La pratique des postures nécessite non seulement une souplesse du corps… mais une souplesse d’esprit. Aller dans des postures qui nous semblent étranges, inconfortables. Trouver du confort dans l’inconfort. Se renverser. S’inverser.

La nouveauté peut se présenter à nous sous la forme d’un nouveau regard sur les choses plutôt que par des expériences ou des situations inédites. C’est notre capacité à modifier nos angles de vue qui offrira à notre vie de nouvelles perspectives. Là encore, la photo et le yoga se rejoignent.

A la suite de mon trauma crânien, lorsque j’ai compris que je ne pourrai plus reprendre mon travail, le yoga m’a permis de comprendre qu’il fallait arrêter de m’obstiner dans une direction qui était bouchée et tout simplement bifurquer pour pouvoir avancer. Je me suis donc formée à l’enseignement du yoga et à la photo pour changer de voie.

Partager le yoga, transmettre ce que le yoga m’apporte, voir les élèves à la fin d’un cours rouvrir les yeux, apaisés, détendus, connectés… les voir évoluer au fil des séances, s’installer dans leur corps, leur souffle, s’ouvrir… il n’y a rien de plus gratifiant.

Le yoga peut apporter un réel mieux-être à tous, quelles que soient notre condition physique, notre âge. Enseigner le yoga c’est offrir la possibilité à d’autres d’aller mieux, les ouvrir à tout ce que j’ai pu découvrir et découvre encore dans ma pratique.  Tout le monde a un corps et un souffle, et l’air est à ce jour une des rares choses partagées gratuitement sur terre. Le yoga est ainsi universel et accessible à tous, et je souhaite qu’il soit le plus largement partagé. Diffuser le yoga, c’est permettre à chacun de se sentir mieux avec soi-même et mieux avec l’autre. C’est œuvrer pour un monde de de compassion et d’amour. « Karuna », l’Amour compassion, est, pour moi, la finalité du yoga.

Blandine Soulage, photographe, Vanessa de Haas, prof de yoga et Maija Airas-Ceri, créatrice de Gotta Joga pendant un tournage de photo de Gotta Joga en 2018.

C’est dans cet esprit de partage que je collabore avec l’application Gotta Joga depuis ses débuts. En tant que photographe, j’ai réalisé les photos de plusieurs programmes et je prête également ma voix à Vanessa et Anu pour la version française. Je suis contente aujourd’hui de ce nouveau rendez-vous avec les abonnés pour partager mes cours. Ces cours s’adressent à des personnes ayant déjà suivi le programme débutant mais proposent des adaptations pour que tous les niveaux, d’intermédiaires à avancés, s’y retrouvent. Il appartient à chacun d’être à l’écoute de ses capacités physiques du moment pour choisir les propositions les plus adaptées dans le cours. Il est d’autant plus important quand on pratique à la maison de ne pas aller trop loin dans les postures car l’enseignant n’est pas présent pour donner d’éventuelles corrections garantissant la sécurité. Peu importe la finalité des postures, ce qui compte c’est d’évoluer dans sa pratique avec bienveillance et tendresse envers son corps. La régularité permettra d’évoluer tranquillement et progressivement dans des postures plus complexes, sans se mettre en danger. Mieux vaut faire « moins » mais régulièrement.

J’espère que ce programme plaira aux abonnés et complètera les propositions de mes collègues 🙂

 

Bonne pratique avec Gotta Joga ! »

Merci Blandine ! Nous sommes ravis de pouvoir pratiquer le yoga avec toi !

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